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alentours Orhy Chipia 1850m

Une météo envisagée suffisamment optimiste amène un quintet, pour une aventure qui se révèlera bien téméraire, vers le Pic d’Orhy. Pour arriver jusqu’au Col d’Erromendi, le bon temps et le moins bon alternent et il faut se faire violence pour s’équiper car froid, vent et pluie ou neige s’en donnent à cœur joie… Mais puisqu’on est là… et encore secs…

Une fois partis, la météo semblerait nous donner raison ; dans la combe entre les crêtes de Béhastoy et celle d’Arhanolatzé l’accalmie conforme aux prévisions donne le courage nécessaire et très vite nous trouvons la neige. Nous avons fait l’économie de raquettes (restées à la voiture) et aussi de crampons (pourtant encore dans les sacs) car la couverture neigeuse n’oppose pas vraiment de résistance.

Le plan du jour, car il y a bien un plan, s’affirme : rejoindre la grotte d’Orhy pour y trouver l’abri, y faire un camp de base et à la faveur d’une fenêtre météo disons « favorable » monter sur le Pic d’Orhy d’où forcément, nous ne verrons pas grand-chose comme l’attestent les magnifiques photos de nos deux féminines.

Et donc voilà la quinte qui arrive sous la « falaise grotte » pour traverser quelques névés pentus. Un arrêt bienvenu pour s’alimenter sous un gros rocher et un WhatsApp : un trublion vient s’inviter dans notre trip. Un peu derrière, souvent devant, quelques fois au-dessus ou au-dessous mais toujours au soutien et à l’aventure, notre Jacques donne de ses nouvelles. On échange des photos… Un contraste de réalités : « Veinards, vous perdez pas dans le brouillard, je peux pas venir vous chercher ». On sait, bientôt Jacques, on pense bien à toi et à quelques autres aussi, des retours à venir, patience et longueur de temps…

Pas mal d’efforts dans la pente nous amèneront à quelques mètres de la grotte (sur la carte) sans finaliser positivement faute de méconnaissance de l’objectif et d’engagement nécessaire jugé surdimensionné, nous ne terminons même pas dans la faille évidente qu’il eût d’abord fallu explorer. Bon, ce premier revers n’altère en rien notre objectif premier concernant le Pic d’Orhy, compte tenu des conditions, on devrait pouvoir faire le sacrifice de la grotte…

Au pied de la falaise, une trace horizontale trop engagée dans les névés nous amène sur un profil Est de la montagne. Sur le fil de crête, en sécurité, le vent balaye bien la neige et la faible épaisseur nous permet encore d’avancer. Les conditions de « Jour Blanc », la visibilité nulle et la tempête fouette le groupe qui entrevoit quand même l’Orhy Chipia. Il reste 150 mètres de dénivelé pour le pic d’Orhy, on tente bien encore une avancée mais la progression demande cette fois un peu d’escalade bien pentue qui se présente très mal, du caillou en lapiaz glissant, un cheminement au jugé dans ces conditions peu propices. Le renoncement nous ramène dans les traces de montée qui s’effacent déjà… Sur l’arête, la tempête accompagne pour rejoindre la route du Port de Larrau.

Un peu pénible ce retour et lorsque la route se gagne, la neige devient pluie ; un rapide état des lieux confirme ce que chacun ressent : trempés jusqu’aux os ! Deux kilomètres plus loin, l’exercice pour rentrer dans la voiture dans un moment de tempête s’avère un peu délicat et nos équipements s’entassent pêle-mêle dans le coffre.

Mais le soleil se trouve parfois là où on ne l’attend pas. Nous aurons le bonheur de trouver refuge pour notre « repas dans le sac » chez Alfitcha à Licq Atherey. Un « bar casse-croûte » bien rempli de deux belles tablées de convives locaux qui nous accueillent avec bienveillance, bar qui a l’immense mérite de nous offrir une grande table adossée à un poêle flamboyant. L’ambiance calme et bon enfant rappelle un art de vivre villageois rare que certains d’entre nous connurent autrefois et maintenant nous nous sentons un peu adoptés et surtout privilégiés ! Un bon moment dont profitent Marie-Laure et Jackie pour fêter anniversaire et nouvelle vie sans travail avec force gâteau bien chocolaté.

Un grand bravo aux aventurier(e)s du jour qui ne se laissent pas facilement décourager. Sur le vécu de cette journée, pas de regrets pour le sommet, l’essentiel vécu était ailleurs. Pour le Pic d’Orhy et sa grotte, la montagne saura attendre, il faudra simplement trouver une fenêtre météo plus heureuse. Promis, c’est coché.

Antoine

les photos de Jackie et Marie-Laure >>
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