Du soleil et une équipe de quatre bien motivée pour ce vendredi, avec comme terrain de jeu l’ascension du Pic d’Ayré. Depuis Barèges, le plateau du Lienz est rejoint et le départ s’effectue juste devant « Chez Louisette ». Pour traverser la forêt domaniale de l’Ayré et du Lisey, il vaut mieux être précis afin d’éviter de longs lacets trop peu pentus. Notre itinéraire s’appuie sur l’ancien funiculaire, comme une ligne de vie bien gardée sur notre gauche. Il y aura quelques écarts et notamment pour aller visiter la cabane de l’Ayré en pleine restauration.
Mais chut ! Pas question d’élever trop la voix sous peine de se faire « remonter les bretelles » car le terrain priorise de faire la part belle au Grand Tétras, ce coq de bruyère qui aurait ses habitudes dans cette forêt. Plusieurs panneaux explicites nous le signalent. On n’a pas su écouter sans doute les bruits des oiseaux, du coup pas de coq en vue, pas de cocorico.
Et par contre dans le dernier lacet avant d’accéder à la station supérieure du funiculaire la hauteur de neige commence à être significative et embarrassante. Collante, lourde, une bonne épaisseur variable de rien à 40cm ; il n’y a pas eu de gel… A la station, notre arrivée en crête offre le spectacle des crêtes ensoleillées dont nous sommes l’épicentre : Pene det Pouri, Pic du midi de Bigorre, Néouvielle… Ces illustres sommets ne nous quitteront plus, notre toile de fond, notre décor… En crête, on traverse d’abord quelques bouquets d’arbres et il faut passer en raquettes pour faire face à la profondeur de cette neige de printemps. L’expérience raquettes sera de courte durée car la pente, prononcée et piégeuse, impose les crampons qui laissent derrière nous de beaux trous. Très pénible, heureusement sur le fil de crêtes, avec quelques mètres de découvert, une belle trace de skis en godille propose une aide relative. Au bout de ce premier palier se trouve un pluviomètre, et nous descendons un peu pour atteindre le col d’Ayré à 2236m. Ici, s’organise un camp de base pour lester une partie du sac et envisager l’ascension du Pic.
Nous rejoindrons, non sans avoir bien bataillé, les antécimes du sommet, un triptyque tout en roches mal commodes ; mais pour progresser encore, le cheminement dans les dévers très pentus et rocheux à escalader ou désescalader – en crampons – avec une profondeur de neige erratique, nous dissuadent de poursuivre. La suite s’annonçait bien chronophage et il est déjà 13 heures. La meilleure solution envisagée paraissait un peu hasardeuse : descendre une trentaine de mètres pour éviter le dernier creux, traverser un couloir très pentu et remonter la dernière dorsale qui semblait, elle, bien abordable. En 2016, j’avais déjà proposé cette sortie Asptt en hiver et nous avions également renoncé au même endroit. Je me souviens aussi d’une autre expérience : sans neige, ce final un peu aérien s’effectue toutes crêtes, donne une belle ambiance et ne pose pas de réels soucis…
De retour au col, il est bien temps de se restaurer. Nous reviendrons dans nos traces jusqu’à la station supérieure du funiculaire. Ensuite, nous profitons des pistes de skis et du tracé du téléski de l’étoile pour retrouver, de façon plus directe, le plateau de Lienz.
Un grand bravo à mes complices du jour qui ont « bien pioché » pour s’adapter aux conditions de neige exigeantes mais avec le confort d’un soleil éclatant et d’une douceur estivale.
La sortie se conclut paisiblement sans le moindre cocorico de bruyère, avec les sablés de Martine et Marie-Laure, dégustés sur une terrasse lumineuse, à Luz St Sauveur la bien nommée.
Antoine,
les photos de Marie-Laure ici
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