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Crêtes du Sum de la Pale au Pic Durban 1700m

27En cette veille de « Black Friday », Jackie nous dit préférer un « White Thirsday », elle y tient beaucoup puisqu’elle a même posé un jour de congé !

Un groupe de 4 émerge de la douce tiédeur de l’auto mobile qui a pu remonter tranquillement jusqu’au Port de Castet : -3°. Equipements d’hiver, divers requis… Décision heureuse pour les raquettes : parmi tous les randonneurs rencontrés, nous serons les seuls bienheureux équipés ! Notre accoutrement s’avérera quand même un peu riche pour le triptyque, les piolets et crampons mais pas pour les grandes rondelles et les guêtres. Le jusqu’auboutisme de l’air ambiant pousse jusqu’au test DVA !!

On prend le premier dôme bien connu vers la cabane de Couscouilha, le chemin se trace par endroit entre 2 rangées d’épines et rejoint un bout de piste à l’aplomb sud du Sum de la Pale. Au niveau de la traverse vers la cabane, le groupe corrige son orientation à 180° pour revenir vers le Sum. Toujours « Passent partout », faible évolution hivernale de ce côté-là… Le plus gros de la montée se vit sur ce versant, dans quelques centimètres de neige molle qui facilitent l’accroche des chaussures. Bien au dessus du bois de la Bouchère, nous sommes tout heureux de pouvoir compter sur le soleil qui fera bien défaut à un groupe de 8 (club de Jurançon), lequel s’appliquera à remonter rive gauche du Cau de Loustère. Maintenant au plus proche du Sum, la neige vierge se densifie un peu, mais sa résistance reste bien insuffisante et il faut « encaisser » régulièrement des trous. On passe les raquettes. Le fil de crêtes nous offre le spectacle grandiose de la neige givrée qui colle encore sur la végétation rase. Pas un nuage à l’horizon mais le froid veille… Col de Lamuretch, tremplin pour le Sum des Crabioules 1579m puis le Sum de la Peyrie 1592m. Avant d’y arriver, devant, Didier trace magistralement, et c’est à peine si un chaos rocheux bien dense le ralentit. La descente vers le col des Houssats proposera un meilleur confort ; au col nous rejoignons le groupe de 8… sans raquettes. Pour eux aussi l’objectif initial est le Durban, mais ils reconnaissent devoir corriger à la baisse. Nos traces ne les aideront pas beaucoup et ils descendront après le Mail.

Engagé vers ce sommet, le quatuor partage l’effort de trace dans une ambiance immaculée. Une visibilité à 20km à la ronde, la plaine béarnaise à gauche et les montagnes à droite, l’émerveillement renouvelé de la première de la saison. Le Mail arrive 1665m, le fil de crête devient un peu haché et tour à tour, chacun, chacune, s’applique à donner sa meilleure route. Au dessus du lieudit « La Hourque », l’éperon du Quiala se présente, le sommet sera contourné par le sud pour « enrouler » l’arête et se projeter vers le haut. Déjà plus de 12h et un peu déportés, nous atteignons l’antécime Est du Quiala 1650m. Pause déjeuner bien méritée qui permet de couper l’effort.

Ensuite, la crête s’incurve un peu, toujours plein Est mais le terrain devient bien meilleur, à moins que cette impression d’embellie ne soit due qu’à la recharge des batteries… non négligeable. Nous capitalisons donc l’engagement de la matinée, et en 45mn d’efforts notre trace vient balafrer le Durban 1700m. Un randonneur nous y attend, toujours sans raquettes. Inespéré ce groupe qui arrive ! Un support, une plaque anachronique fait référence à un soldat inconnu retrouvé dans le secteur… Un peu ignorants, on ne sait à quoi se raccrocher pour le nom de ce sommet. Durban, Durban, les seules références connues au sein du groupe sont … rugbystiques, rien à voir ! Une ville d’Afrique du Sud, un temple du rugby Sudaf, les Boks (nos nouveaux meilleurs ennemis après les anglais, les blacks, les irlandais, les argentins, les fidjiens et tous les autres).

Pour le retour, on repique dans nos traces jusque sous le Quiala, ensuite on casse la pente vers la Coume de Bayle pour rejoindre la fontaine des Arques, la cabane de Couscouilha, le Pas de Louste, la traversée du bois de Sèques dans lequel nous quittons enfin les raquettes. Tout cela en s’appliquant à rester fidèle à la course du soleil qui nous accompagne jusque sur le dernier dôme du Port de Castet, et on le surprendra encore à éclairer la voiture ! 2h30 pour ce retour consistant, et à l’heure des stats, on note : 1100m et 15 kms.

L’histoire de ce jour se termine à Louvie Juzon où Marie-Laure nous régale de ses fameux croquants maison. Un grand merci à Jackie, Marie-Laure & Didier pour le partage de ce mémorable
«Jackie’s white thirsday» !

A bientôt !

Antoine

Les photos de Antoine, Jackie et Marie-Laure >>
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