La météo un peu négative pour ce dimanche de l’Avent Noël a fait passer son tour aux « Crêtes du Jaout », ce que je regrette malgré tout beaucoup, tant les conditions de la face nord devaient être exceptionnellement propices. Et donc on intervertit deux randos du programme et pour terminer 2025, ce sera les « Crêtes de Tortes ».
Ceci dit, nous sommes à Gourette station de ski es Pyrénées s’il en est. La météo nous fait crédit jusqu’à la mi-journée, même si le ciel est bien bâché, bien bouché, ça devrait le faire, le moral des troupes parait « i-nox-xy-da-ble ». Même pas peur ! Nous arrivons au parking de la station un peu avant 8h pour prendre les œufs dans la télécabine qui nous porte au-dessus de la cascade du Ley. Une seule cabine pour 6 randonneurs bien équipés mais sans raquettes ni triptyque, et nous voilà en traversée de station un peu désertée, surtout à cette heure matinale.
A notre droite, on dépasse vite l’emprise du désormais célèbre, malgré lui, immeuble du Valentin pour le contourner vers la route du chemin d’Arrecouecho qui mène aux installations de l’ASPTT Pau, les gîtes des Jonquilles. Une piste à poursuivre et les marques du GR qui rassurent. Un peu de forêt, fini la piste, le chemin devient bien montagnard alors qu’arrive un premier site d’école d’escalade à la faveur d’une série de beaux rochers biens sains. On n’est pas là pour ça, quoique… Pas grand-chose à dire de cette montée qui mène au col de Tortes. Sous le col, fini l’étage arboré et alors que le téton de Vénus nous domine « chaudement », nous repérons les grandes dalles du second site d’école d’escalade.
A notre droite, immense et autoritaire, la flamme du Capéran de Tortes et vous savez bien ce que c’est, quand on aime, ça donne des ailes, on n’est jamais à l’abri d’une impulsion osée, enflammée, l’insoupçonnable légèreté de l’être… Il faut éteindre le feu, et donc avant de descendre de l’autre côté du col, le groupe s’engage, contre tout pronostic, vers le Capéran. Allons faire amende honorable, saluer le seigneur de céans qui regarde ces 6 minus s’agiter en crêtes sur son flan sud. Bien protégée par un pas d’escalade, nous atteignons sa base en ayant posé une « corde à nœuds ». Pour aller enlever la corde, il faudra quand même tout le soutien réflexe de Xavier pour une parade et bienveillance appropriées, une assurance tous risques… Je suis persuadé que ce groupe aurait pu poursuivre et sortir sur le Géougue de Tortes, mais une telle gourmandise, entorse au programme, déjà trop bien contrarié, ne saurait être légitime. Et l’encadrant du jour renonce au pied d’une cheminée bien plaisante, à une traversée promise seulement remise pour une autre occasion. Descente du couloir de neige sur environ 100 mètres de dénivelé, les crampons font merveille. Oblique à gauche sous les crêtes de Tortes pour ne pas perdre de hauteur, dans un balcon qui alterne névés et passages herbeux.
Sous le col d’Arbaze, un petit temps de repos pour bien préparer notre estocade finale. Il fait doux, très doux. Le site, ici souvent congelé glacé en hiver, porte seulement un peu de neige souple et la montée des 150 derniers mètres n’entame pas l’élan. Sommet, on voit encore les crêtes environnantes et quelques cimes… Sur le fil de crêtes les conditions hivernales ne favorisent pas la baguenaude et le groupe poursuit en nord-ouest. Quelques passages aériens, rien de bien difficile et vers le col de Casteix, le temps du repas se décide. Fini les crampons. Une incursion incongrue en pleine pente versant Gourette et un retour en crête… Au milieu du repas, notre pain blanc est terminé, notre bon de sortie périmé, notre temps de parole du jour écoulé, les conditions désormais se dégradent conformément aux prévisions avec une précision d’horloge suisse… La neige tombe drue, les horizons se bouchent, les vestes imperméables, les moufles et protège sacs parent au plus pressé, la température chute brutalement, l’onglet sévit. Quoi de plus normal, un premier jour d’hiver !
Dans le brouillard le groupe poursuit toujours en crêtes et bientôt le rythme bien bien accéléré, nous trouve sous le pylône de l’Aubisque, la neige recouvre la table d’orientation mais on ne peut rien voir. Notre cible, rejoindre le café-restaurant « les Crêtes Blanches », se gagne en quelques minutes, on envisage une boisson chaude… Dans la précipitation Didier fait une glissade qui l’envoie au tapis. Mais pas pour le compte et pour nous prouver toute la maîtrise « consommée » de son art, il propose quelques minutes plus tard un déboulé endiablé et virevoltant qui l’amène sur une dizaine de mètres à dépasser l’encadrant qui le précède ! Quelle autorité ! Pour « le consommé », il nous a convaincus, par contre pour « la maîtrise de son art », disons qu’on demande une « redite » car on pense à un coup de chance ; j’ai hâte, vivement une reprise en 2026, histoire de bien s’assurer de l’art…
Aux « Crêtes Blanches », notre hôtesse nous reçoit chaleureusement malgré l’agressivité humide qui investit brutalement sa salle ; elle a ouvert le café restaurant la veille, on doit être ses uniques clients !? On bouscule deux tables, dehors la pluie se déchaîne. Jackie, en mère Noël, nous sort de sa « hotte » sac à dos une boîte à musique magique, qui non seulement fait de la musique pour exacerber la zénitude du lieu, mais aussi propose des petits sablés chocolatés au pourcentage de sucre bien étudié, faits maison. Ici, le temps lâche prise mais il faut bien quitter ce refuge, d’autres vies aussi nous attendent dans la vallée… Sur la route goudronnée en balcon vers Gourette, on évolue à 6, pratiquement de front façon 7 mercenaires. Le temps de dire « Ouf », voilà Gourette et le chalet ASPTT Edelweiss ; plus loin on partage un œuf toujours pour 6 et pour descendre la cascade du Ley et rejoindre le parking.
Pour les stats, ce sera un petit 900m pour 11km pour ce jour le plus court de l’année. Comme souvent en Ossau, à Louvie, l’épilogue de cette journée bien sauvée s’écrit avec le partage d’un gâteau aux pommes savoureux de Marie-Laure et une étude de carte pour un projet ficelé et désormais bien ancré dans les têtes, les « Crêtes du Jaout ». Et il faudra amender le programme car ce sera donc le 22 février en lieu et place de la « boucle du Géougue de Tortes » ! Mais on parle aussi d’autres grands sommets, d’autres dates, et Sylvie qui a fait une très grande année 2025 se signale en affichant une fringale toujours aussi vivante pour 2026 ; notre benjamine a les crocs, notre avenir est assuré ! De beaux jours se préparent !
Un grand MERCI au groupe pour ses bienveillances et dynamismes tellement porteurs !
Je profite de cette page pour souhaiter un Joyeux Noël à l’ensemble du groupe ASPTT Montagne. Meilleurs vœux pour 2026, pas de folies, juste un petit peu de montagnes, bien sur.
A bientôt.
Antoine.
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