Depuis Pau, plein sud, vous remontez la vallée d’Ossau. Par moments en regardant vers les cimes, on voit déjà l’Ossau, et forcément aussi deux bosses qui dominent sur sa gauche : les 2 Cézy, le menu de cette journée ensoleillée.
Les voitures vont lâcher le groupe de 8 à l’intersection de la route forestière du Piet et du GR10, ce qui fait gagner un bon 100 mètres de dénivelé par rapport au Pont du Goua, mais surtout, permet une entame de journée par une progression en balcon, bien portée par la fraîcheur de la corniche des Alhas, à la place d’une partie empierrée un peu destructrice, surtout dans un retour de fin de journée.
Après avoir gagné la prise d’eau du Soussouéou et ses cascades, on rejoint le chemin classique vers le plateau de Cézy, avec les nombreux lacets ombragés sous la falaise de la Tume. Dans la colonne, quelques commentaires d’initiés évoquent le croisement de l’itinéraire d’un début de chemin dit « chemin ou circuit des fenêtres »… Mais chut, il se trame sans doute un truc… peut-être un projet à venir, ne le dites pas, n’en parlez surtout pas… Oui, ne nous égarons pas ; après une montée tranquille, et un passage sous falaise portant quelque traces de bivouacs, nous sommes déjà sur le plateau de Cézy. Comment éviter alors la visite à la cabane de Lacarre, tellement typique, bien identifiable avec sa couverture de toile d’aluminium, sa terrasse ensoleillée aux dalles aménagées et ses « murettes » d’époque ? L’arrangement de ces cailloux daterait des Géodésiens, et donc de la première époque post Napoléon le 1er !?
10h30, la récré est terminée, le soleil tape dur et le groupe arpente le col de Lurdé. L’écobuage récent nous interpelle et nous nous apercevrons plus tard qu’il est pleinement actif sur la Petite Arcizette. On coupe un peu pour éviter le col de Lurdé et essayer de se mettre directement à l’aplomb du Pic de Cézy. Jacques et Martine feront la démonstration que l’option n’était pas la meilleure. Mais bon, tout le monde sait que certains Pétos « Passent-partout »… Maintenant en crête, il faut descendre côté nord pour éviter les difficultés d’escalade de quelques pitons rocheux. On atteint enfin la grande balafre herbeuse caractéristique dont l’entame proche des abrupts, et donc particulièrement dangereuse, se négocie avec toutes les précautions. L’herbe finit sur une zone bien délitée en blocs à escalader. Pour terminer sur ce 1er Cézy, le groupe abandonnera les bâtons désormais inutiles.
Sommet, le panorama, la visibilité sont exceptionnels : la station d’Artouste, les Arcizette, Le Sesques…
Et puis, il y a ce « pain de sucre » voisin. Sûrement mal aimé, même pas référencé par l’IGN, non répertorié sur les cartes, ignoré, répudié, « bâtardisé ». Altitude méconnue ! Avouons quand même qu’une fois au sommet du Cézy, magnifique, il pose question et démangeaison… Aujourd’hui, nous sommes là aussi pour lui ! Sans doute pour se donner un maximum de confiance, le groupe réduit à 6 unités s’équipe comme pour affronter les cheminées de l’Ossau mais cela ne servira pas. On n’a aucune peine à descendre dans le creux entre les 2 sommets ; pour attaquer l’ascension, il vaut mieux bien étudier le terrain. Une coulée herbeuse a bien été repérée, il y a aussi ce final rocheux… En fait la première partie pose surtout problème, verticale, un terrain accidenté et instable se propose. Bien groupés, « Passent-partout » enclenchés, on gère en repérant les parties qui semblent les plus usitées. Un petit quart d’heure bien tendu… Un petit bout de crêtes à franchir et nous voilà au sommet ! La descente qui suivra sur notre trace de montée s’effectuera dans les mêmes conditions. On peut imaginer quand même qu’ici, un rappel donnerait beaucoup plus de confort.
A nouveau à 8, sur le retour, après la partie herbeuse, nous pourrons descendre directement plein sud à la faveur d’une trace confortable qu’offre le premier col. « Passent-partout » encore de retour ! Positif !! Cela simplifie grandement la descente… Une fois traversé un pierrier inévitable, il faudra couper plein Est pour retrouver le GR, et, peu après, le plateau avec les cabanes. La chaleur suffocante pousse le groupe sous la protection bienvenue d’un peu d’ombre.
L’épilogue de la sortie se vit en retrouvant la corniche des Alhas, et plus tard en partageant l’excellent gâteau de Martine avec un service de liquides façon Philippe, qui supplée avec brio la peu probable implication locale, compte tenu d’un moment sensiblement embrumé, embrouillé voire nuageux-orageux et donc peu favorable… Insubmersibles, on a les ressources pour s’adapter à tout, je vous le dis : « Passent-partout ».
Bravo et grand merci au groupe bien solidaire.
Antoine
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